Environnement



(16/07/18) Label villes et villages fleuris

Le label Villes et Villages Fleuris (VVF) existe depuis près de 60 ans. Pendant 40 ans, Il récompense les communes ayant un réalisé le plus beau fleurissement. Sous cette dénomination un peu désuète, le concours a beaucoup évolué au début des années 2000. Il laisse une place prépondérante à la façon d’aménager et de gérer les espaces. C’est projet global qui implique en plus des employés territoriaux et des élus, la population, les associations, les écoles…

Ce sont les services des espaces verts ou du tourisme des conseils départementaux qui animent le label. Toutes les communes peuvent participer. Au départ elles ne se voient pas attribuer de fleur, elles doivent d’abord remplir de nombreux critères qui dans les grandes lignes sont :

-la démarche de valorisation,
-l’animation, la sensibilisation et la promotion,
-la diversité du patrimoine végétal, son intégration au bâtit, la pertinence des plantations en fonction des espaces…
-la gestion environnementale : action en faveur de la biodiversité, des ressources naturelles et des espaces publics.

C’est une démarche globale de développement durable. Elle implique l’arrêt des pesticides, la gestion différenciée des pelouses et des haies, la gestion de l’eau (arrêt de l’utilisation de l’eau d’adduction), le broyage et la réutilisation des déchets verts… La maitrise de la publicité et des enseignes, la rénovation et l’entretien des façades, l’effacement des réseaux, l’intégration du mobilier, la qualité de voies de circulation et la propreté sont également des conditions à l’attribution des fleurs.

La démarche a des nombreux avantages. Tout d’abord, la commune reçoit une aide technique du CD. Ensuite, elle encourage le personnel, les élus et souvent la population à projeter vers l’avenir, à avoir des objectifs par la mise en place d’un plan de gestion mais aussi à réfléchir aux spécificités de sa commune et à ses atouts. La communication, l’animation et la sensibilisation aux questions environnementales locales sont essentielles dans la réussite du projet ainsi que la formation du personnel. En Dordogne, de nombreuses formations sont proposées aux employés territoriaux et parfois aux élus sur l’aménagement, la gestion des espaces verts et l’entretien des végétaux ainsi qu’un voyage d’étude tous les ans.

En ce moment, l’enherbement des cimetières est une préoccupation pour les élus et les agents. La majeure partie de la population n’est pas prête à voir des cimetières enherbés, cela donne l’image d’un lieu délaissé. Pourtant ces allées aseptisées existent depuis moins de 40 ans. Jusque  dans les années 70, aucun désherbant n’était utilisé. Deux solutions : soit on laisse pousser toutes les plantes et on les arrache ou on les tond en attendant qu’une pelouse s’installe, soit on sème des graminées spécifiques résistantes à la sécheresse et au piétinement dans les allées égravillonnées ou stabilisées.  En inter tombe, un semis de fleurs annuelles à faible développement a l’avantage de grainer et donc de réensemencer ces espaces tous les ans. Les plantes de rocaille sont également une alternative intéressante. Cependant, il ne faut pas se leurrer, l’arrêt des pesticides demande plus de travail d’entretien que le désherbage chimique. Une réorganisation du temps alloué à chaque espace de la commune doit être réfléchie par les services dans la concertation.



La commune de notre territoire à être labellisées 1 fleur est Varaignes. Un peu plus loin, Ligueux, Saint Jean de Cole, Brantôme et Saint Pierre de Frugie ont 2 fleurs. Les villes et villages participants mais pas encore labélisés sont : Augignac, Nontron, Saint Pardoux la Rivière, La Coquille, Thiviers, Mareuil en Périgord.
L’intérêt de la démarche est de bousculer les habitudes, de mettre en place une gestion différenciée des espaces publics, de réduire les coûts d’entretien mais également de réfléchir à l’identité de son territoire communal et de le rendre plus attractif.

Etienne Barteau, Augignac





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(16/6/18)    L'ELU LE JARDIN ET LA BIBLIOTHEQUE


Chronique d'une démolition : Première Saison , la triste fin d'un beau jardin .

        Il était une fois... Il n'y a pas si longtemps, dans la rue principale de Nontron, une très belle cour avec ses deux piliers , son portail en fer forgé et son petit jardin accueillait ceux qui passaient par là avant d'entrer dans le bâtiment .(1)



        L'ancienne Ecole Professionnelle de Nontron était devenue une annexe du Collège, les classes et ateliers se trouvaient derrière . Ne cherchez pas : de cet ensemble il ne reste que la Bibliothèque, la Maison des Livres, lieu plein d'Histoires et de Rêves....
        Quant au reste ? Que peuvent de vieilles pierres lorsque l'Elu inspiré par une rénovation moderne et goudronnante annonça son projet : « Nous allons faire un beau parking ! » Ainsi fut dit, ainsi fut fait, et l'Ecole fut rasée, place aux voitures .
         Et cette jolie petite cour qu'est-elle devenue ? Dans une petite ville les lieux de Culture tiennent à peu de choses . Un mercanti vint jérémier qu'on refaisait les trottoirs et qu'il ne pouvait plus garer son véhicule, là, devant Son magasin . L'Edile reçut sa plainte .
         Que peut un petit jardin contre la furie parkingesque ? La petite cour qui devrait aujourd'hui inviter à la lecture et à la rêverie fut elle aussi livrée au bulldozer et au goudron . Pour 1 2 3 4 5 6 7 8 places de parking : pour caser huit véhicules tout fut détruit .
                    Si le progrès consiste à améliorer le cadre de vie des citoyens
                    le dégrader  est forcément une régression .
         Ne resta plus qu'un petit bout de terre ou furent plantés de sympathiques végétaux, offrant fleurs et verdure . Ils ne s'en sortaient pas mal, surtout la belle Azalée .


                                       Deuxième saison :, la fin des arbustes .


        Cet îlot de verdure déplut, quelqu'élu en prit ombrage . Il y avait là... quelque chose de trop, trop de rêve, trop de liberté, un petit ferment d'anarchie . Sait-on jamais, peut-être soupçonna-t-on ce bout de terre rescapé du désastre initial, de vouloir repartir à l'assaut du goudron ? Bref, il fallait faire du radical, on le fit . Tabula rasa, on effaça les traces, on arracha on maçonna et l'on vit sortir de terre deux grandes jardinières où furent  disposées quelques plantes .
        Les unes, se le tenant pour dit, se firent discrètes pur se faire oublier .
        Les autres, ricanates, s'éparpillèrent croyant jouer les herbes folles .





        Hélas, ce n'était pas fini !

                                  Troisième saison : on achève bien les rosiers .


      Derrière la Bibliothèque – on aurait pu faire plus gai et plus luxuriant- une pelouse et deux rectangles de rosiers entourés de buis . Ce modeste jardin à la française était bien agréable dès le mois de Mai, lorsque les roses s'éveillaient . On allait à la Bibliothèque en attendant le moment où les rosiers allaient jouer leur petite partition pendant le mois des rosiers . Las ! Ce fut le coup de grâce ! Plus de rosiers : ne reste qu'une terre décharnée, on dirait une tombe fraîchement creusée . (2)
     Une rose peut apprivoiser un Petit Prince, mais que peut-elle contre un Elu acharné à sa perte ?




                     Le mois de juin, c'est le mois des jardins .
      Un sinistre pressentiment me saisit tout à coup : ça ne s'arrêtera pas là, ils vont continuer . Tant de petits lieux plantés et fleuris qui tiennent leur place depuis longtemps, que vont-ils devenir si nous ne sommes plus capables de veiller sur eux ? La brigade des éradicateurs de jardins va-t-elle continuer à sévir ? Allons-nous avoir une saison 4,5,6....
      Ceci n'est pas anodin . Avec le patrimoine bâti, les squares et les jardins racontent leur petite histoire, celle d'un espace public aménagé pour le plaisir de la promenade, de la détente, de l'évasion, des lieux ouverts à tous pour se poser ou se reposer, un espace de liberté et de poésie où nous allons à notre tour sur les pas de ceux qui nous les ont imaginés et réalisés . Il faut les préserver pour que chacun puisse continuer à raconter sa petite histoire dans l'Histoire de sa ville .

        La où le sol s'est enlaidi, là où toute poésie a disparu du paysage,
        les imaginations s'éteignent, les esprits s'appauvrissent, la routine
        et la servilité s'emparent des âmes et les disposent à la torpeur et
        à la mort . Elysée Reclus .


(1) Impossible de trouver une photo de cette cour, détruite en 1990 . Sur la carte postale on aperçoit les piliers et les grilles .
(2) De gentilles fleurettes et quelques légumes sont depuis venus prendre la place des rosiers . Décidément l'hiver ne sera pas gai .

Ils ont tracé les petits chemins où s'invitent les roses :
Jacques Dutronc, avec son « Petit Jardin »
Le Petit Prince de Saint Exupéry
Elysée Reclus avec son « Histoire d'un Ruisseau »
Eric Rohmer, cinéaste : » L'Arbre, le Maire et la Médiathèque »
Gilles Clément, le Jardinier Planétaire, amoureux des herbes folles
Et tout ceux qui seraient prêt à soulever le goudron pour remettre les petits jardins à la place des parkings : sous le goudron, il y a toujours de la terre .

Nicole Cazenave . Juin 2018

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(09/06/18) Lettre ouverte à Monsieur le Président du Conseil Départemental de Dordogne

Monsieur le Président,
Votre engagement pour la protection de l’environnement est bien connu et nous ne pouvons que vous en être reconnaissants.
« Pour un territoire préservé Mondialement réputé pour sa qualité de vie, le Périgord se veut aussi être fortement engagé dans le domaine de la protection de l’environnement. Cet enjeu est crucial pour la planète et l’humanité. Fort de son patrimoine bâti par l’Homme, le Périgord est également riche de ses paysages, de ses rivières, de sa nature. Cette nature est un atout que nous devons préserver aujourd’hui et pour les générations futures. Cet engagement, le Département l’a traduit en acte depuis de nombreuses années, avec notamment un entretien raisonné du réseau routier. Nous l’avons poursuivi avec la Charte Zéro Pesticide qui a conduit de nombreuses communes à s’engager fortement dans cette démarche. Poursuivons dans cette voie, la seule qui nous permettra d’offrir à nos enfants un territoire préservé. »

Comment ATTEINDRE L’OBJECTIF 0 pesticide ?
« Pour renoncer progressivement à l’usage des pesticides, plusieurs solutions sont envisageables. La Charte zéro pesticide départementale privilégie la mise en œuvre de méthodes préventives, l’acceptation de la végétation spontanée, la formation des agents à ces nouvelles techniques et enfin la communication auprès de la population. » (1)

Le département s’est fortement engagé auprès des collectivités signataires en proposant notamment une assistance technique et des journées de formation à l’attention des personnels municipaux et en mettant à disposition des outils de communication spécifiques.

Enfin, le département intervient financièrement …
A ce titre, ainsi que l’atteste la photo jointe à ce courrier, le conseil départemental a subventionné une opération « Zéro Phyto » à Chantres, « petit hameau de caractère » situé sur la commune de « Milhac de Nontron ».



Très bien, sauf que cette opération présente deux travers rédhibitoires :
-la placette qui a fait l’objet d’un réaménagement lourd d’inspiration urbaine n’a sans doute jamais connu d’entretien chimique, d’ailleurs personne n’aurait eu cette curieuse idée, et les riverains s’y seraient fermement opposés,

-cette placette précède et dévoile une petite chapelle datée du 12ème siècle, qui, bien que non protégée, et a fortiori, impose prudence et intelligence avant toute action dans son environnement proche.

Le résultat de cette malheureuse initiative est donc particulièrement réussi puisque des crédits ont été inutilement engagées pour dénaturer un site, sinon remarquable, mais particulièrement précieux.
Il est donc fort dommageable que la collectivité départementale se trouve malencontreusement associée à cette très surprenante et inconvenante aventure (2).

En « faît », c’est la chapelle elle-même qui aurait eu besoin d’être confortée, son faîtage notamment, donnant quelques signes de lassitude. Tout ceci est vraiment très regrettable, alors qu’il eut suffi de lever les yeux … et de réfléchir un peu.

« Notre patrimoine n’est pas réductible à Versailles, au Louvre, au Mont-Saint-Michel, à la basilique de Vézelay, ou au palais des Papes… Il est l’ensemble des biens que nous allons léguer aux générations futures, nos paysages, nos maisons, le dessin de nos villes, les bancs sur lesquels nos enfants iront s’asseoir, les rues dans lesquelles ils se promèneront, les places où ils se rencontreront. (…)
Il est temps que le respect de la beauté passée se double d’une exigence de la beauté à venir.
 Le « patrimoine » ne doit pas être seulement le mot sacré représentant d’un temps vertueux et révolu. Le soin consacré à certains espaces et monuments bien définis doit s’appliquer aussi à tout ce qui fait notre quotidien, le patrimoine de demain… » (3)


Recevez, Monsieur le Président, mes salutations les plus respectueuses.



                                Jean Claude FRASNETTI
                                Chantres
                                Milhac de Nontron


(1) Extrait du « Dossier de presse 0 pesticides 2016 2 »
(2) Voir en pièce jointe le billet publié à ce sujet sur le blog 
www.citoyenspaysnontronnais.info
(3) Ouvrons les yeux – La nouvelle bataille du patrimoine de Jack Lang