Divers






(25/05/18)    Alternatiba à Augignac en juin.

 par Roland Maquaire- Champniers et Reilhac



Alternatiba est une initiative citoyenne née en 2013 à Bayonne. Son but est de sensibiliser et informer les citoyens sur les problèmes de dérèglement climatique.Son slogan : « Changer le système, pas le climat ».
Dans plusieurs communes sont organisés des « Villages Alternatiba ». En 2017, à Limoges et Bergerac, le temps d’un week-end, des exposants sont venus informer sur les alternatives possibles. Par ailleurs, chaque année, un groupe de volontaires parcourt la France à vélo multiplaces pour aller, de ville en village, à la rencontre des habitants.

Halte à Augignac
Le dimanche 24 juin prochain, dans son périple de 5600 km à travers le pays (départ de Paris le 9 juin et arrivée le 6 octobre à Bayonne), la caravane fera halte pour la nuit à Augignac, la commune s’étant portée volontaire pour les accueillir. La commune d’Augignac est identifiée TEPOS -croissance verte (Territoire à Energie Positive).
A cette occasion, nous (habitants d’Augignac et des communes environnantes) sommes invités à participer à la fête qui sera organisée en fin d’après-midi pour les recevoir.


   Réunion de préparation à Augignac le 14 mai.


Soirée festive
Plusieurs propositions sont en phase de concrétisation (détails à venir car des contacts et demandes d’autorisations sont en cours) et toutes les bonnes idées sont les bienvenues !
-accompagnement de la caravane sur les derniers kilomètres: sortez vos vélos, le parcours sera court et simple pour favoriser une large participation en famille (itinéraire sécurisé par des volontaires : club de cyclistes ?) L’événement sera relayé par la presse qui est invitée. Plus nous serons nombreux, plus nous manifesterons notre soutien à cette initiative.
-à l’arrivée, une conférence est prévue par les organisateurs d’Alternatiba pour vous donner toutes les informations voulues.
-un marché de producteurs locaux organisé par la Sauce Paysanne sera ouvert à partir de 17 h pour permettre une restauration sur place
-un concert avec un groupe de musiciens locaux donnera le côté festif et joyeux à la soirée
-le CDD (conseil de développement durable) y tiendra un stand! Ainsi que d’autres associations (Vivre le Parc…)

Alors, notez bien la date : 24 juin !

Cet événement est organisé conjointement par le Parc naturel, les Amis du Parc, la Sauce Paysanne.

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(18/05/18) Le bio à la cantine, c'est possible et pas plus cher!

(par Roland Maquaire -Champniers et Reilhac)

Un début de plan alimentaire territorial, permettant de mettre en relation les producteurs et les cantines de collectivités publiques a été initié l’année dernière sur le territoire nontronnais . Une réunion locale a eu lieu à Piégut (voir l’article « Manger local »)

Voici en vidéo un exemple chez nos voisins à Villars, près de Brantôme,(relaté par France 3 Périgord) dont on pourrait s’inspirer.









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(29/04/18) C'est quoi le CETA ?

Vous avez peut-être remarqué ce panneau, à l'entrée de Nontron, qui annonce, comme bien d'autres communes en France, « Commune hors CETA 




Mais qu'est-ce qui pousse les citoyens et citoyennes à dénoncer ce traité ? En quoi sommes nous concernés ?
Il faut s'intéresser au contenu réel de ce traité pour comprendre qu'il fera de nous des citoyens muselés qui ne pourront plus prendre de décisions sur leurs propres territoires dès lors qu'une multinationale y sera implantée : c'est elle qui fera la loi .
*Mais comment est-ce possible ?
Le Comprehensive Economic and Trade Agreement (pour faire simple, « Traité de Libre Echange », aurait ,vous dit-on, pour simple but de faciliter le commerce entre les Etats signataires . Ah oui ? En y regardant de plus près, le CETA est la énième mouture des traités que l'on cherche à nous imposer depuis des décennies pour le plus grand bonheur des investisseurs . Ils ont tous été repoussés , alors on passe à des accords régionaux et bilatéraux pour contourner l'obstacle (l'obstacle c'est nous!) .
Le CETA est le premier traité de cette ampleur : seront interdites toutes les lois et toutes les règles qui pourraient faire obstacles à la concurrence.
Des pouvoirs exceptionnels seront donnés aux multinationales pour s'enrichir aux dépens des citoyens et qui leur permettront de contester les décisions prises par les gouvernements lorsqu'elles ne leur plairont pas !

MENACES SUR : La souveraineté alimentaire
La qualité des services publics
Les emplois
L'accès aux médicaments
Le développement de l'économie locale
La protection sociale
La protection de l'environnement

Avec ces traités un gouvernement ne peut plus décider de la politique d'aménagement de son territoire .
La Commission Consultative des Droits de l'Homme alerte : le CETA « sacrifie les Droits de l'Homme aux intérêts commerciaux . »
Comment est-ce possible ? Le magasin des escroqueries est ouvert....

PREMIERE ESCROQUERIE

Lorsqu'un état s'oppose aux investisseurs un arbitrage privé intervient et inflige aux états des amendes considérables . De nombreux états en ont fait les frais (1). Aussi pour feindre d'avoir entendu monter les critiques, le CETA propose un Système de Cour d'Investissement présenté comme indépendant . Certes ils seront indépendants des états et des citoyens puisque leur objectif est de défendre « les attentes légitimes » (traduisez : gagner le plus d'argent possible) des multinationales . Les membres de ces cours « indépendantes » viennent des cabinets d'avocats internationaux qui conseillent les multinationales . Leur job ? Faire rentrer le maximum d'argent par tous les moyens possibles . Ils adorent le CETA ! Il s'agit donc bien d'une juridiction unilatérale ou seule une des parties est représentée et défendue ! Un vrai magasin des horreurs !

DEUXIEME ESCROQUERIE

Un mécanisme de coopération est mis en place . Objectif : subordonner toutes les réglementations à la compétitivité des entreprises . C'est par ce FCR (2)que passeront l'évaluation des normes dans le sens souhaité par les milieux d'affaires . Ce forum en apparence technique prendra des décisions politiques, c'est à dire concernant les citoyens, sans aucun débat public .

TROISIEME ESCROQUERIE : L'emploi.
La seule étude indépendante donne un recul de l'emploi en France . L'Europe et le Canada sont autosuffisants, elles ne créeront pas de nouveaux marchés mais elles vont mettre à mal toutes les PME qui seront absorbées par les plus gros, ce qui produira une augmentation du chômage .
L'escroquerie supplémentaire : le plan d'action du gouvernement français pour la mise en œuvre du CETA : il affirme qu'il n'y aura pas d'importations de produits alimentaires qui ne soient pas aux normes ( les nôtres) . C'est faux ! L'UE a signé un traité avec l'OMC (3) qui interdit les contrôles .
Enfin, dans le musée des horreurs, l'extractivisme arrive en force . Les plus grosses entreprises de ce secteur relèvent du droit canadien, elles vont s'engouffrer dans le CETA pour détruire toute protection de l'environnement .

Cet accord ne doit pas passer : nous devons exiger un référendum !

  1. Un traité comparable l'ALENA signé entre les USA le canada et le Mexique : le Canada a été poursuivi 39 fois par des sociétés américaines, il a payé plus de 198 millions de dollars de pénalités, et d'autres poursuites sont en cours...
  2. FCR : Forum de Coopération Réglementaire
  3. Office Mondial du Commerce
Nicole Cazenave . Saint Front sur Nizonne . Le 13 Avril 2018











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(23/04/18) Charte paysagère et lotissements à l’entrée des bourgs

Par Francis LE GOYET
St Front la Rivière


La charte paysagère

L’entrée d’un village est un reflet et selon les cas, le village semble soit attirant, soit rebutant ou tout simplement quelconque. L’enjeu au nom du développement touristique et de l’attractivité des territoires est de préserver la silhouette des bourgs tout en acceptant et favorisant la venue d’entreprises.
Une charte paysagère est une action forte qui vise à identifier les composantes et les enjeux paysagers d’un territoire. Elle nécessite une mobilisation de tous et un engagement vers un objectif commun.
A l’heure actuelle il n’est pas évident que tous aient compris cet intérêt et adhèrent à cette démarche. Le paysage est-il un thème qui mobilise ?

Rôle de l’élu

Les élus ont-ils conscience des changements de fond qui s’opèrent ? On peut s’interroger sur leur réelle volonté et leur implication concrète en matière de paysage.
Si l’on en juge par la faiblesse de l’implication des communes dans la mise en valeur de centre-bourg ou de l’implantation des lotissements à l’entrée des bourgs, il semble que non.
C’est donc à chacun d’agir et d’accompagner l’évolution des paysages par une recherche constante de qualité : l’élu lorsqu’il crée ou révise son document d’urbanisme, le citoyen lorsqu’il plante une haie, l’architecte lorsqu’il dessine la forme d’un bâtiment, le lotisseur quand il découpe une parcelle…Concernant les lotissements à l’entrée des bourgs il faut impérativement penser à l’intégration paysagère. La plus importante, c’est celle qui consiste à prendre du recul et à créer des lisières coté plaine et coté rue ou route. De très mauvais exemples existent dans notre beau Périgord Vert ! Un soin croissant doit donc être apporté par les communes aux entrées des bourgs.

Le principal outil avec la charte paysagère

Le PLU(I) est un outil à l’échelle d’un territoire qui permet de mettre en place des règlements pour permettre le développement économique, il est le gage d’un agréable cadre de vie et d’une image attractive.

*PLU Plan local d’urbanisme





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(16/04/18) La relation Homme/Nature, une histoire pas si naturelle …


Ainsi s’intitulait l’interview de Valérie Chansigaud, historienne des sciences et de l’environnement, par Jean Lebrun, animateur historique de France Inter (« la Marche de l’Histoire »). Ce fut l’un des points forts du festival Nature « La Chevêche » organisé par le CPIE Périgord Limousin du 9 au 11 mars derniers. L’enregistrement complet de cet entretien sera bientôt en ligne.

Valérie Chansigaud

Depuis quand l’Homme marque-t-il son environnement d’une empreinte spécifique ?
Pour Valérie Ch. c’est depuis qu’il maîtrise le feu et l’arme de jet : auparavant il n’était qu’un prédateur astucieux, mais avec le feu et la capacité d’atteindre ses proies à distance il devient un redoutable tueur. Le chasseur-cueilleur paléolithique, qui migre au fil des siècles, au gré des évolutions du climat et des parcours des gibiers, a ainsi massacré sur les territoires où il se manifestait des troupeaux de bêtes « naïves » qui ne le connaissant pas ne se méfiaient pas de lui, des fouilles de lieux de carnage en témoignent ; il a donc été, dès lors, responsable de disparitions d’espèces.
Mais avec l’apparition de l’agriculture et de l’élevage au néolithique il fait bien plus : il modifie plantes et bêtes pour qu’ils servent au mieux ses intérêts, il déboise, il modifie le cours des ruisseaux pour irriguer ses cultures, plus tard il développe les arts du feu, céramique, métallurgie, perfectionnant sans cesse armes et outils, processus encore à l’oeuvre de nos jours avec de vertigineuses accélérations. En outre l’Homme devient un loup pour l’Homme, prédateur de sa propre espèce, au cours de ses conflits territoriaux.

Comment a évolué, des origines à nos jours, le regard de l’Homme sur la Nature ?
« depuis longtemps, dit V.Ch., je regarde les gens regarder la Nature ». Pour elle, ce regard est très différent d’une civilisation à l’autre, en Occident, en Orient, en Afrique…mais il y a une constante : une indifférence généralisée par rapport aux conséquences des activités humaines sur l’environnement. Cette indifférence culmine aujourd’hui avec le refus majoritaire de reconnaître l’importance majeure, inédite, de la crise en cours qui menace toutes les régions du globe et toutes les espèces vivantes, y compris bientôt l’espèce humaine.
La civilisation occidentale, marquée par les traditions judeo-chrétiennes, a donné le ton en matière de maîtrise de l’Homme sur la nature. Tout était consommable et transformable à volonté, vision sacralisée par la Bible avec l’injonction divine : « croissez et multipliez, emplissez la Terre et soumettez-la ». Or il se trouve que cette civilisation a transmis au monde entier, grâce au développement prométhéen de ses outils, ses modèles économiques, et partiellement éthiques et sociaux. Elle a longtemps véhiculé l’idée que l’homme est destiné à être le maître du monde, à poursuivre l’œuvre créatrice de Dieu, que végétaux et animaux sont là pour le satisfaire…La prise de conscience du fait que nous vivons aujourd’hui un paroxysme qui menace tout le vivant ne date que des années 70 (Club de Rome) et peine à pénétrer l’opinion, préoccupée avant tout de pouvoir d’achat et d’alimentation à bon compte.

Discernez-vous cependant les indices d’une évolution plus favorable ?
« Pour l’avenir je n’ai pas de vision apocalyptique, ni d’espérance utopique, j’espère seulement que l’intelligence collective saura trouver des mécanismes adaptatifs à la hauteur des défis. » Une minorité agissante multiplie les démarches utiles ; les conférences internationales se succèdent et lancent des cris d’alarme aux plus hauts niveaux politiques, sur les risques difficilement maîtrisables du changement climatique ; jamais autant d’argent n’a été dépensé pour la protection de la nature et l’environnement, mais pourtant jamais la nature n’a été aussi mal. En effet il existe de puissants freins économiques et sociétaux empêchant les changements radicaux indispensables, dans nos modèles de production, de consommation et d’échanges. A quoi bon multiplier Parcs Naturels et réserves, s’ils se vident de leur biodiversité ? Comment faire pour que les utilisateurs de pesticides les trouvent moins désirables, n’y voient plus la condition de leur salut, mais y perçoivent une menace pour eux et leurs enfants ? Comment transformer le regard des hommes sur leurs pratiques, pour qu’ils trouvent préférable de les changer ?...

Valérie Ch. est l’auteure de plusieurs livres abondamment documentés, pleins d’exemples puissamment éloquents, d’arguments irréfutables, source exceptionnelle de connaissances qui devraient servir à faire évoluer l’opinion en profondeur. Mais dans son dernier ouvrage, « la Nature à l’épreuve de l’Homme », (qu’elle dédicaçait à Nontron) elle note que l’indifférence à la destruction de l’environnement comme à la souffrance animale s’enracine dans des pratiques économiques et culturelles qui ne doivent rien à l’ignorance, mais sont largement assumées.

Essai de synthèse par
Marie Elisabeth Chassagne. Varaignes.

et Matthieu Le Roux. (coordinateur CPIE du festival La Chevêche)

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(08/04/18) A Saint Front la Rivière quand la Baguette revivra


par Francis Le Goyet - Saint-Front la Rivière. 


Un petit tour dans le passé

En 1960 pendant les trente glorieuses, un « patron  de la région parisienne » achète un château et construit son usine à la campagne au pied de celui- ci.
Il embauche les gens de la commune et des environs (jusqu’ à 70 emplois) certains sans qualification, il les forme. Des couples y sont embauchés, des maisons y sont construites ou rénovées.
L’affaire est prospère, les taxes viennent enrichir les finances de la commune.
A partir des années 2000, de gros investissements sont réalisés mais la « conjoncture » n’est pas favorable et l’affaire est liquidée en 2003. De nombreuses affaires en Périgord Vert n’ont pas su s’adapter aux nouveaux marchés, à la mondialisation. Le taux de chômage s’accroit pour des habitants qui n’ont pas envie de quitter le territoire où ils sont nés, les jeunes qui ont fait des études quittent le territoire. Celui-ci s’appauvrit.
Les élus sont démunis et pendant plus de 10 ans cette usine souvent pillée devient une friche, la végétation prend le dessus.

De la friche industrielle au renouveau

Le maire de la commune s’inquiète à juste titre et commence à prendre des contacts. Faire bouger les lignes n’est pas chose facile. Le dossier prend du retard, les 3 communautés de communes fusionnent pour finir par créer la CCPN composée de 28 communes, avec 3 bassins de vie, Nontron, Piégut et St Pardoux la Rivière, le Préfet ne laisse pas le choix ! Pas de projet de territoire, pas de PLUI, pas de SCOT, le territoire prend du retard.
Le maire et son conseil municipal ne désarment pas et en 2015, la commune procède à l’achat des bâtiments en investissant environ 40 000 euros avec les deniers de la commune. Elle effectue des travaux de mises en sécurité et perçoit 24 000 € de la DREAL.
A-t-elle les moyens d’aller plus loin? La question se pose, puis la communauté de communes s’empare de la compétence concernant l’économie et les zones artisanales.
La commune doit céder en 2017 le bâtiment pour l’euro symbolique.
En 2018, enfin , la CCPN porte un projet de reconversion de la friche industrielle.
Le projet comporte plusieurs phases de réalisation.
La première favoriserait l’installation de 3 artisans : un atelier de carrosserie, un maçon, un atelier de découpe laser. D’autres projets avaient été évoqués : espace coworking, café associatif. Mais faut-il mélanger les activités ?
Il faudra aussi penser à travailler sur l’environnement.
Le montant de la première tranche s’élève à 255 000 € TTC dont 170 000 € de subventions ; c’est peu élevé par rapport à des investissements de « loisirs » sur le territoire quand on considère que cela peut créer des emplois à terme.
Une fois les subventions obtenues, les travaux pourront démarrer et s’achever avant la fin de l’année pour y accueillir ces trois artisans et il faut l’espérer, plus dans un avenir proche.
Etre un élu n’est pas de tout repos, du moins pour certains…

Au four, au moulin et à la baguette !!!




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(30/03/18)  Au Front,une de Pardoux dix de retrouvées


Saint-Front, le 23 mars 2018

A 20 heures, à la mairie, Conseil municipal à Saint-Front-la-Rivière
Un seul point à l’ordre du jour : Réflexion commune nouvelle.

« Réflexion commune nouvelle » en langage courant cela voulait dire, étude du projet de regroupement avec la Commune voisine de Saint Pardoux.
Et en plus moderne et dynamique, la fusion avec Saint Pardoux.

Conseil municipal certes, mais un peu spécial puisque seuls les conseillers étaient censés être prévenus, et donc présents.
C’est une déclinaison locale de l'Article L. 2121-18 alinéa 2 du CGCT, puisque déjà rencontrée dans d’autres communes du secteur, le « Conseil municipal à huis-clos ».

Séance à huis clos. Article L. 2121-18 alinéa 2 du CGCT : « Néanmoins, sur la demande de trois membres ou du maire, le conseil municipal peut décider, sans débat, à la majorité absolue des membres présents ou représentés, qu'il se réunit à huis clos. »

La demande de huis clos (initiative) doit donc émaner du maire ou de trois conseillers municipaux au moins. Aucun formalisme n’est imposé pour cette demande mais ce préalable indispensable est sanctionné par la nullité de la délibération prise en huis clos (CE 16 juin 1978, M. Robert X., n°05197).
Le conseil municipal doit également impérativement se prononcer par un vote public sur le huis clos, et le maire ne peut donc pas décréter le huis clos seul (CE 4 mars 1994, Regoin, n°91179). La preuve de cette décision peut être faite par tous moyens (TA Limoges, 8 juin 1989, Chauvat). Cette décision constitue un acte préparatoire de la délibération qui va être prise, et en tant que tel, est inattaquable directement en excès de pouvoir (REP) (TA Nancy, 24 mai 2011, Mme Damienne Villaume, n°1100479).

La chronologie à suivre est la suivante :
  • le conseil municipal doit commencer à siéger en audience publique,
  • prendre la décision de siéger à huis clos (soit au tout début du conseil, soit en cours de séance),
  • puis se réunir à huis clos.

D’autres communes pratiquent aussi le « le Conseil municipal à audience publique mais à contenance limitée ».
Il suffit de convoquer, y compris par affichage et voie de presse, mais en choisissant une salle dont la capacité est plafonnée par la commission de sécurité.
Plafonnée au nombre de conseillers, plus quelques places pour les amis.

Parfois aussi seuls les conseillers ont une chaise, le public étant invité à rester debout.

Donc beaucoup d’imagination développée pour favoriser la démocratie participative.
Nous pouvons vous communiquer les bonnes adresses.

Au cas présent, seuls les conseillers ayant été convoqués, la présence de plusieurs habitants ou curieux, fut une surprise non feinte pour le Maire qui, depuis fort longtemps, n’avait pas eu le plaisir de voir des citoyens s’intéresser de si près aux affaires communales. Il conserva son flegme et très affable alla chercher des chaises supplémentaires.

L’accueil ne fût toutefois pas des plus chaleureux mais, après quelques échanges virils, mais corrects, tout rentra dans l’ordre et chacun, élu ou spectateur, tint très convenablement son rôle.

Le match, pardon le conseil, commença prudemment.
En effet, le maire conscient de l’enjeu sans doute, préféra s’accorder une petite séance d’échauffement en relisant très consciencieusement le compte rendu du précédent conseil.
Puis l’on entra dans le vif (encore à cet instant) du sujet.

C’était la troisième réunion des participants sur ce thème et aujourd’hui il fallait trancher car le temps pressait : pour tirer un bénéfice financier de l’opération, toujours en point de mire et très souvent seule motivation de toute discussion « politique », il fallait que l’opération soit réalisée avant la fin de la présente année. Et en fait que le dossier soit monté avant fin juin.
Et Saint-Pardoux, la veille au soir, qui s’est décidé pour la fusion, à l’unanimité. Et qui, maintenant pressée, pousse.

Chacun se rappelant alors que le projet trainait depuis au moins deux ans. Mais l’incitateur, la commune de Saint Pardoux (1 235 habitants) avait jusque-là été peu incitative et l’incitée, la commune de Saint Front (515 habitants) ne s’était pas trop précipitée dans les bras de ses souverains et versatiles voisins. De peur peut-être aussi d’être étouffée par les ambitions des nombreuses et nombreux candidats à la haute fonction communale regroupée. Car constant rappel, début 2019, il ne restera plus que deux années de mandat, juste assez pour préparer … les listes des prochaines élections.
Et ce qui est possible encore aujourd’hui chez nous, ne le sera plus demain avec eux !

Le maire, encore manageur à ce moment, commença donc à dérouler le planning : réunion des deux conseils, réunions publiques, « votations » …
D’abord les choses « faciles », regroupement ou non des associations, du comité des fêtes, le partage des salles, …, puis un peu moins, avec le problème des sociétés de chasse.
Les délégués de ComCom ? Pas de changement.

A ce  train-là tout allait être bouclé dans l’heure et l’un des « observateurs » avait déjà chaussé ses crampons pour aller voir le match France-Colombie, dossier semble-t-il important, et lui aussi, à l’issue connue au demeurant.

Puis vint le problème des conséquences de la fusion sur les finances communales et des équilibres budgétaires et, pour Saint Front, l’augmentation inéluctable des taxes communales, déjà évaluée à environ 16 %.  Comme par enchantement, les langues se délient et les interrogations fusent.
Et dans la foulée, finalement quels sont les avantages de cette fusion ? Pour la commune ? Pour les citoyens ?
Peut-être aurions-nous dû commencer par nous rapprocher d’abord d’une commune de même importance, à fiscalité proche, pour présenter un projet déjà consistant et négocier un nouvel élargissement plus équitable.
Mais avec qui ?

A ce moment précis, l’atmosphère commençait à se détendre et  une certaine dissipation des conseillers devint perceptible.
Chacun imagina, parfois à voix haute, quel aurait pu être ce premier bourdon de l’envolée nuptiale.
Des noms furent prononcés mais le brouhaha régnant ne nous a pas permis de distinguer qui auraient pu être les heureux prétendants, ni qui avaient été les éconduits déçus.
Parmi ces derniers ceux, trop endettés, ou exclusivement attirés par la bonne affaire financière, et parfois les deux, furent complaisamment moqués ce qui mit en joie cette docte assemblée jusqu’alors fort contenue.
Paternel et bienveillant, le maire, enfila sa tenue d’arbitre et siffla la mi-temps.

Mi-temps, on changea de camp, le maire devint animateur.
Et donna la parole à chacun des conseillers se contentant d’apporter des éléments complémentaires, aux questionnements ou points de vue, émis par les uns et les autres.
Par exemple, dans le désordre, la commune nouvelle aura-t-elle plus de poids ? Non mais une perte d’identité évidente. L’Etat imposera-t-il les regroupements comme pour les ComCom ?
A priori non avec ce nouveau gouvernement qui a besoin de se « ruraliser ».
Beaucoup de communes ayant accepté le regrettent désormais. Mais c’est surtout le cas dans les zones urbaines.
Avons-nous vraiment envie de travailler avec Saint Pardoux, d’être sous la tutelle de Saint Pardoux ?
Nous manquons manifestement de beaucoup d’informations.
Et les délais sont trop courts.

La réunion, avec l’apport de chacun, devint progressivement constructive, non pas d’un projet, mais d’une prise de conscience et d’une décision collective.
Chacun s’enrichissant des réflexions des autres.

Le maire reprenant son rôle de premier magistrat propose un vote à bulletin secret, à souligner, car d’usage assez rare dans nos contrées.

Résultat :
-          Pour la fusion 1 voix
-          Contre 11 voix

Et la Colombie bat la France 3 – 2, contre toute attente également.

Conclusion provisoire :

Très rafraîchissante cette séance de conseil municipal.
Des conseillers qui s’expriment, un maire qui anime, une position qui s’affine et se structure au gré des interventions.
Et ceci malgré la pression de l’urgence, de l’urgence devenue courante, permanente, réduisant la réflexion à une perte de temps, à une perte d’argent, car le temps : c’est de l’argent !
Comme disent ceux qui en ont : du temps et de l’argent.
Et bien non, le temps ce n’est pas de l’argent, c’est beaucoup plus précieux que l’argent.
Alors continuez, imposez le temps de la réflexion.

Réflexion personnelle :

Un regroupement de communes ce n’est pas un montage administratico-financier où chaque élu défend son pré-carré et son petit héritage.
Ce doit être d’abord un projet de citoyens qui choisissent de supprimer des frontières artificielles et de se regrouper pour faire des choses plus consistantes et ambitieuses en mutualisant leurs moyens mais surtout en additionnant leurs envies, leurs compétences, leurs disponibilités, leur enthousiasme et qui prennent conscience de leur capacité à constituer une société plus solidaire et plus mature.

Un regroupement de communes c’est une opération importante, un bouleversement, un lourd travail de rapprochement et d’échange.
Pas seulement entre les élus, mais d’abord et surtout entre les habitants.
C’est une occasion pour les élus de changer d’échelle et de sortir des murs de leur cuisine.
Et c’est une opportunité pour les citoyens de se mêler de ce qui les regarde, de monter d’un cran, de rappeler aux élus qu’ils n’ont qu’un bulletin de vote de différence.
C’est pas épais un bulletin de vote.  

Et pourtant, le regroupement Saint Pardoux / Saint Front est déjà une évidence géographique : un rajout de trois maisons de chaque côté et les deux communes se rejoignent.
Economiquement c’est une même entité.
L’agrégation de Milhac et de Sceau Saint Angel constitue un réel bassin de vie.
L’occasion était belle, trop belle sans doute.
Il faudra s’en souvenir !

JC FRASNETTI – Chantres . Milhac de Nontron
Francis LE GOYET – Saint Front la Rivière